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Les associations créées au CAFI

Le mouvement associatif joue un rôle de premier ordre dans la mémoire du CAFI. Les générations arrivées jeunes ou nées en France, avaient déjà amorcé un mouvement collectif informel avec des rencontres festives et sportives organisées le 15 août depuis la fin des années 1980. L’objectif affiché alors était de se retrouver entre « anciens du CAFI », pour jouer au football, à la pétanque, partager une paella, de la musique, se rappeler les frasques de jeunesse et anecdotes d’enfance « au camp ». Ces rendez-vous n’étaient pas sans poser de problèmes à la direction, quant à la circulation des voitures, mais surtout quand l’occupation de logements par les vacanciers.

Alors qu’il n’existait qu’une seule association de 1984 à 1999, quatre autres furent créées au cours de la première décennie 2000.

 

Concert organisé par AACI - Source : Matthieu Samel

Les premières associations

Deux associations antérieures aux années 1980 nous sont connues grâce aux archives.
La première, « l’amicale des Français rapatriés d’Indochine », active dès 1956 mais créée officiellement en 1957 sera impliquée dans les mouvements de revendication de 1958/1959 (voir le chapitre revendications).
Les archives mentionnent également la création en 1972 d’une association de défense des intérêts des familles hébergées à Sainte-Livrade, sur laquelle nous n’avons que peu de renseignements, mais qui proposait d’acheter un terrain pour y construire une maison pour les anciens au cœur du CAFI.

L’AACI : Association des arts et cultures d'Indochine

L’association des arts et cultures d’Indochine a été fondée en 1984. Matthieu Samel, son président, a vécu une partie de son enfance au CAFI. L’AACI avait, à ses débuts, pour objectif « de travailler en direction de la population rapatriée, d’être un centre de ressources et de mettre en place des actions tant éducatives que sociales en direction de cette population ». Elle s’est donné pour mission de faire connaître la culture des pays de l’Indochine, vietnamienne surtout, par des manifestations culturelles conjuguant le festif et le culturel.
Mais l’association œuvre également à la reconnaissance des rapatriés dans l’histoire nationale française : auprès de l’État en 1995 et, en 2004, à l’occasion du cinquantenaire des accords de paix de Genève, avec un colloque qui a rassemblé des historiens, des sociologues, des témoins de cette histoire et des représentants du Viet Nam.


L’ARAC : Association des amis et résidents de CAFI

L’association des résidents et amis du CAFI, l’ARAC, a été créée en 1999 par un petit groupe de personnes issues du CAFI, y étant domiciliées ou vivant dans les alentours.

C’est, au départ, une association à caractère social et culturel : pour les plus âgés, aide au quotidien et animations (fête du Têt, projection de films vietnamiens) et pour les enfants, activités sportives et récréatives sur les temps de loisirs et vacances. En 2004, l’ARAC redéfinit ses objectifs : la vocation sociale est maintenue mais dans le cadre du tissu urbain global permettant une reconnaissance à l’extérieur du CAFI ; faire de celui-ci un quartier spécifique de Sainte-Livrade-sur-Lot surnommé Village Vietnam, avec une portée touristique évidente.

La municipalité accorde un local et une subvention à l’ARAC. Des tensions internes ont conduit au départ de nombreux adhérents et les activités sont surtout concentrées autour de deux temps forts : la fête du Nouvel an vietnamien (Têt) en janvier/février et en été, la fête du 15 août qui célèbre les retrouvailles annuelles des anciens résidents. Dans le cadre de la rénovation du CAFI, l’association a aussi participé aux débats sur l’avenir du site, notamment sur le lieu de mémoire.


Mémoire d'Indochine

Cette association, aujourd’hui en sommeil, est créée en 2002 sous l’impulsion de Georges Moll, conjoint d’une fille du CAFI et d’un petit groupe de personnes en majorité issues du CAFI. L’axe mémoriel affiché d’emblée se situe dans le cadre d’une histoire coloniale positivée, tout en tenant compte des « résistances des populations à la colonisation » et des « erreurs qu’il ne faudra jamais occulter ». Il s’agit de transmettre une mémoire aux enfants et petits-enfants des Français d’Indochine mais aussi dans l’espace national. Les actions de Mémoire d’Indochine s’organisent autour de : « la mémoire vivante » (recueil des récits de vie à des fins d’archives sonores et écrites) et de « la mémoire partagée ». En 2003, l’association ajoute un objectif plus politique : la reconnaissance par l’État des rapatriés d’Indochine dans l’histoire nationale, obtenue par la journée nationale du 8 juin, puis, sans succès, la demande d’attribution de compensations financières au titre de réparations.


Le CEP : Collectif des Eurasiens pour la préservation du CAFI

La CEP (Coordination des Eurasiens de Paris) a été créée en 2005 par un groupe d’anciens du CAFI, d’enfants de rapatriés d’Indochine, installés en région parisienne, à la suite du constat de la future disparition du site et de la demande de soutien des résidents. La CEP a ainsi organisé des collectes de fonds, des tables rondes, a fait appel à un avocat, participé au comité de pilotage autour des travaux, et a protesté auprès de la mairie lors de la tentative d’imposition d’une taxe d’habitation pour les résidents du CAFI. Leurs activités mémorielles sont diverses : manifestations publiques autour du CAFI, festivités du 15 août (tables rondes, conférences, ateliers pour enfants), réalisation d’une stèle à la mémoire des résidents, mais aussi, plus largement, réflexions sur le métissage, la double culture, l’identité, les rapports colonisateur-colonisé. L’affichage parisien ne favorisant pas la reconnaissance et la légitimité au plan livradais, l’association est devenue le CEP-CAFI : « Collectif des Eurasiens pour la préservation du CAFI ». Elle est à présent domiciliée à Sainte-Livrade-sur-Lot ; c’est en quelque sorte le retour au pays des Eurasiens de Paris.


L’ADRI : Association de défense des rapatriés d'Indochine

L’ADRI, est une autre association « parisienne », fondée en 2007, d’une scission avec la CEP. Sa perspective est davantage politisée, plus critique de la position gouvernementale à l’égard des rapatriés d’Indochine. La question de la mémoire vient après celle de la reconnaissance des préjudices subis par les rapatriés et la demande de dédommagements, symboliques et matériels. L’association, aujourd’hui peu active, s’est manifestée à travers des exposés critiques de la situation du CAFI, notamment dans le cadre d’une réflexion universitaire sur les camps d’internement en France (réseau scientifique Terra).

CAFI : Collectif des associations des français d'Indochine

Dernier avatar du mouvement associatif autour du CAFI, sous l’impulsion de la CEP, l’ensemble des associations se sont rassemblées un temps à la fin de l’année 2008 en fédération pour tenter de peser face à la mairie, dans les décisions du projet de rénovation et du lieu de mémoire du CAFI. Le titre pressenti pour cette fédération est emblématique car il reprend le sigle CAFI en l’actualisant : Collectif des associations des Français d’Indochine.

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