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Les rapatriés de l'empire colonial

A partir du milieu des années 1950, les camps sont transformés en centres d’accueil
 dans lesquels sont hébergés les rapatriés de l’Empire colonial français d’Asie du Sud-Est et d’Afrique du Nord.

L’arrivée des rapatriés d'Indochine et des Harkis

Après le départ des travailleurs indochinois les camps sont inoccupés, abandonnés. Puis les camps d’Astor à Bias et du Moulin du Lot à Sainte-Livrade sont à nouveau ouverts au milieu des années cinquante à la fin de la guerre d’Indochine :

  • Le camp de Sainte-Livrade deviendra le CARI (Centre d’Accueil des Rapatriés d’Indochine). Dans les années 1960 il sera rebaptisé CAFI (Cité d’Accueil des Français d’Indochine)
  • Le camp de Bias accueille aussi des rapatriés d’Indochine ; c’est une antenne du CARI. Plus tard il deviendra le CARA (Centre d’Accueil des Rapatriés d’Algérie).

L’objectif annoncé était d’y héberger les plus démunis, le temps pour eux de s’adapter à la vie en France, de s’insérer professionnellement et d’acquérir rapidement leur autonomie. La politique des pouvoirs publics prônait la dispersion sur le territoire français une fois l’adaptation faite. L’histoire montrera que, pour une partie d’entre eux le « provisoire » deviendra « définitif ».

Les familles de Français d’Indochine ayant choisi de rester françaises sont rapatriées en métropole. Elles sont les premières populations issues des guerres de la décolonisation française à être logées dans les camps réquisitionnés. Ces rapatriés qui arrivent sur le territoire métropolitain entre 1955 et 1965, sont des Français de différentes origines. Pour ces milliers de personnes, le «retour» en France est plutôt une véritable expatriation assortie d’un profond dépaysement tant climatique que culturel et social. A partir du printemps 1956, arrivent ainsi des familles de fonctionnaires ou de militaires, comprenant une forte proportion de femmes et surtout d’enfants, soit près de 2500 personnes reparties entre le centre de Sainte-Livrade-sur-Lot (le CARI) et son annexe de Bias.

En 1962 les familles de rapatriés d’Indochine logées au centre de Bias sont déplacées vers celui de Sainte-Livrade, pour laisser la place, en 1963, aux Harkis. « Français musulmans », d’origine non européenne, de culture arabe ou kabyle (selon la dénomination de l’époque), ils se sont positionnés du côté français durant la guerre d’Algérie et n’ont d’autre choix que de fuir le pays pour échapper aux massacres qui suivent la victoire du FLN et l’indépendance.

Le centre de Bias devient le CARA. On compte en 1963 près de 1300 personnes. Plus de la moitié a moins de 16 ans.

Pendant plusieurs années, plus de vingt ans pour certains, les résidents du CARI et du CARA vivent rassemblés en milieu clos, sous la férule d’une administration française teintée de colonialisme.
Bien que l’histoire de ces deux populations soit différente, notamment leur lien avec la France, ils partagent cependant certains traits : le positionnement aux côtés du colonisateur pendant la guerre d’indépendance et le départ forcé souvent dramatique suite à la défaite ; pour tous, à des degrés différents, l’exil est accompagné de la perte des biens matériels, du statut social et des repères socio-culturels.


Cafi drone-1

La fin des camps de la poudrerie

Au fil du temps, la prise en charge des rapatriés change plusieurs fois de ministère de tutelle. A la fin des années 1970, pour le CARA et en 1982, pour le CAFI, le statut des lieux change avec la cession des terrains aux municipalités.

Jusqu’en 1975, le CARA a été un point d’ancrage fort des Français musulmans. Le camp a disparu laissant place à un lotissement (la cité Paloumet) dans lequel sont relogées en majorité des familles du camp. Mais l’histoire reste et Bias est devenu un lieu emblématique de l’histoire des Harkis. La mémoire est en partie activée avec le choix, qui fut hésitant, de conserver deux bâtiments dont un est devenu salle de prières. Il existe aussi un élément à haute portée symbolique : la stèle commémorative érigée en 2005 à l’emplacement de l’entrée de l’ancien CARA.

 

Dès les années 1970 on évoque aussi des projets de rénovation du CAFI. En 1978, quatre baraquements (le camp des Espagnols) sont détruits. Ils laisseront place à la cité du Moulin du Lot. D’autres projets de réhabilitation de l’ensemble du site se succèdent et ne verront pas le jour, provoquant même une manifestation des habitants en 2004. Les associations de résidents et d’enfants de rapatriés, considérant le site comme leurs « racines en France », revendiquent d’être consultés et leurs souhaits pris en compte sur le devenir du camp et sur sa mémoire. C’est à partir de 2008, et par étapes, que les baraquements seront remplacés par de nouveaux logements sociaux. Seuls quatre anciens bâtiments sont conservés et classés. Ils sont aujourd’hui le lieu de Mémoire des Rapatriés d’Indochine.

Reste l'essentiel : l'impact sans précédent des populations de la poudrerie sur leur territoire d'adoption. Secteurs politique, économique, social, culturel et associatif, portent leur empreinte.

D’après Poleth M Watbled, Mathieu SAMEL et Joël COMBRES dans Ancrage « L’internationale de la poudrerie », 2011


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