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Annexe : La fête du Têt

UN MOMENT PARTICULIER

Certains éléments conçus au départ par l’administration pour apporter un bien être aux résidents participent en même temps à maintenir leur marginalisation. C’est le cas de la petite fête foraine qui s’installe lors de la fête du Têt sur le terrain central, de la venue régulière d’un cirque dans l’enceinte du camp et de la salle des fêtes où sont organisés par exemple des spectacles, à Noël. Les enfants y reçoivent la visite du Père Noël et des cadeaux.

Dans la culture sino-vietnamienne, le changement d’année est un important moment de la vie sociale ponctué par des pratiques religieuses et profanes, allant des plus discrètes – de l’intimité familiale – aux manifestations collectives les plus bruyantes. Traditionnellement, les pratiques et rites liés au changement d’année s’étendent de la veille du nouvel an à toute la première semaine (ou tout au moins les trois premiers jours), mais en France, les festivités sont le plus souvent concentrées sur deux jours : la veille du jour de l’an et ce dernier.

A Sainte-Livrade, les rapatriés d’Indochine et leurs enfants ont toujours célébré le Têt mais les festivités sont restées longtemps confinées dans le camp. Au changement d’année les résidents ont continué autant qu’il leur était possible de perpétuer les traditions : confection de plats spéciaux pendant les semaines précédant l’événement, veillée familiale, sacrifice aux divinités du foyer, commémoration des ancêtres devant l’autel familial, pétards à minuit. Le lendemain était une journée de congés pour les enfants lorsque l’école était dans le centre – et même pour ceux qui fréquentaient l’école en ville. Chacun avait revêtu des vêtements neufs, et ce jour là commençait les visites aux amis et les échanges de vœux. Le dragon circulait dans les ruelles, dansant au son du tambour avec abondance de pétarades toute la journée, pour chasser les mauvais esprits.

En ville, certains habitants savaient que les détonations annonçaient ce nouvel an propre aux résidents du camp. Mais en dehors des voisins directs et des amis, peu de Livradais avaient eu l’occasion d’assister aux festivités.Puis le Têt a pris place dans les événements de la vie de la cité.

Depuis les années 1980, la population de la ville est plus nombreuse à venir voir danser le dragon dispensateur de chance. De même, celui-ci, quittant ce territoire culturel vietnamien qui lui fut longtemps le seul autorisé, s’aventure de plus en plus dans les rues de la ville, jusqu’à la mairie, ondulant au milieu des pétarades et tambourinades, sous les regards à la fois bienveillants, curieux et amusés des nombreux spectateurs. Le Têt est devenu une manifestation connue dans toute la région. C’est aussi l’occasion d’un grand repas vietnamien dans les locaux du centre où se retrouvent la population livradaise et des environs et des familles du Centre.

Pendant quelques années le Têt est ainsi devenu l’objet d’une attention particulière à l’école. Lorsque le jour de l’an sino-vietnamien correspond à un jour de classe, certains enseignants organisent une sortie au CAFI. Ils assistent l’après-midi à la danse du dragon et certains enfants, sous l’œil parfois inquiet des enseignants qui craignent les accidents, participent à la fête en faisant éclater les pétards qu’ils ont achetés à l’épicerie du camp.

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