MENU

Annexe : La MJC

La Maison des Jeunes et de la Culture de Sainte-Livrade-sur-Lot entretient des relations privilégiées avec les rapatriés d’Indochine. Elles s’expliquent par les conditions de sa création et son fonctionnement pendant les quinze premières années de son existence.

Elle doit sa création à une initiative du docteur Daoulas, médecin en charge du dispensaire du centre d’accueil et a été implantée au sein du CAFI en1967 où elle est restée jusqu’en 1987 avant de déménager en centre-ville suite à l’incendie de ses locaux. Même installée en ville, elle a conservé une antenne au CAFI, un bureau et quelques activités jusqu’en 2000. Elle a également longtemps été reliée au CAFI au plan financier car elle a bénéficié, jusqu’à la fin des années 1980, du prêt des locaux et de subventions du secrétariat d’Etat aux rapatriés. Son implantation et certainement aussi son financement ont contribué à donner de la MJC l’image d’une structure dédiée à la seule population du camp, une représentation fréquente chez les descendants des rapatriés à l’instar de cette femme, fille de rapatriés qui se souvient : « Quand j’avais 12 ans, il y avait une MJC ici (dans le camp) mais c’était que pour les habitants du CAFI. C’est pour nous, on n’était qu’entre nous ». Vision partagée par les habitants qui évoquent également la période de : « la MJC du camp ».

Or, cette image est contraire au projet des fondateurs. La MJC a toujours été pensée en termes d’activités au plan communal. Le choix de l’implantation au sein de la cité d’accueil a été dicté d’une part par la présence d’une importante population de jeunes (en 1967, sur les 1000 résidents du centre, 70% avaient moins de 25 ans) et si elle avait pour vocation de répondre aux besoins sociaux et récréatifs de cette population, elle s’adressait également aux autres jeunes de la ville. Cette structure, installée dans le centre d’accueil, était donc conçue pour être : « ouverte à tout le monde », un sas permettant les échanges entre deux univers qui, alors, se côtoyaient en restant à distance ou même parfois se confrontaient physiquement comme ce fut le cas dans les années 67/68 entre les jeunes du CAFI et ceux de la ville. Dans ce souci d’ouverture, priorité était donnée à l’entrée des populations locales dans la cité pour contrer les représentations négatives alors très répandues sur les résidents. La volonté d’ouverture s’étendait aux résidents du centre : amener les gens de cette cité vers l’extérieur, profiter de ce qui se passait à l’extérieur et partager avec les autres un certain nombre d’actions culturelles ou de loisirs ».

La MJC a fonctionné dans l’enceinte du CAFI avec ce financement et sur ce principe d’ouverture jusqu’en 1986, proposant des activités culturelles, sportives aux jeunes, du centre ou de l’extérieur. Le volet d’activités culturelles en lien direct avec les résidents ne s’est pas mis en place les premiers temps. L’intérêt et la mise en valeur de la culture des résidents de la cité date de 1977, soit vingt ans après les premières arrivées et dix après la création de la MJC. C’est en fait au moment où les jeunes, au regret des parents, semblaient se désintéresser de la culture du pays d’origine, que les fêtes traditionnelles déclinaient, que la MJC a entrepris de mener des actions de valorisation autour de la culture. Les premières actions ont été bâties autour « d’un moment clef» de la vie culturelle vietnamienne, le nouvel an sino- vietnamien : « la fête du Têt ». La MJC a ainsi régulièrement organisé pendant une dizaine d’années un programme d’activités sur plusieurs jours autour de cet évènement, avec l’aide de la population du centre, jeunes et adultes : spectacles, films, repas, sur la thématique culturelle vietnamienne principalement. L’évènement ainsi valorisé, amplifié par la dimension publique qu’il atteint, visait un double objectif : la transmission culturelle pour les jeunes générations et, par le biais du repas, notamment, de proposer de partager ce moment festif avec les personnes hors de la cité. Le principe d’ouverture est demeuré prépondérant mais l’on voit aussi émerger avec ce type d’action une autre dynamique impulsée par la MJC. Elle est cette fois, fondée sur la valorisation d’un patrimoine culturel.

Avec son installation dans des locaux au centre-ville et la délégation des activités en direction des rapatries d’Indochine, à l’AACI (Association des Arts et Cultures d’Indochine), la MJC, n’a pas rompu toutes ses amarres avec cette population. Elle est restée proche, a participé aux évènements, manifestations organisées par l’AACI ou les autres associations du CAFI mais celles-ci sont intégrées dans la perspective interculturelle, fondement identitaire de la MJC revendiquée par les responsables qu’ils ont appliqué à un registre plus vaste. Le directeur de l’époque : « On s’est dit, il faut absolument qu’on travaille sur l’ensemble des populations qui sont à Sainte-Livrade et essayer d’avoir une action globale mettant à profit cette richesse locale ». La MJC a donc joué un rôle moteur dans diverses actions autour des migrations, sociales et culturelles et parmi celles ci : l’organisation annuelle d’un festival de films, « Cinéma d’ici et d’ailleurs ».

Sur les activités de la MJC, voir aussi les rapports de l’IGAS présentant en détail la situation du CAFI en 1984 et 2006 :

Puzzle CAFI

Quizz Le CAFI

© CAFI histoires et mémoires, 2020 Développé par Création logo et mise en page Agen - propulsé par Joomla!