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Annexe : FOEFI

FOEFI : Fédération des œuvres de l'enfance française d'Indochine

Après la fin de la guerre d’Indochine, la Fédération des Œuvres de l’Enfance Française d’Indochine (FOEFI) envoya en France des centaines d’enfants eurasiens.

Dès l’implantation de la présence française en Indochine au XIXe siècle, des Français, colons, fonctionnaires et surtout soldats, eurent des relations avec des femmes du pays. De ces unions mixtes amoureuses ou forcées, passagères ou plus durables, naquirent les premiers métis franco-indochinois.
Si le père français avait épousé une Indochinoise et reconnu l’enfant, ce dernier prenait la nationalité du père. Mais si le père français était déjà̀ marié et ne pouvait pas reconnaitre l’enfant, où s’il s’en désintéressait, celui-ci prenait la nationalité de la mère.

De nombreuses mères restaient donc seules avec leurs enfants et avaient bien des difficultés à assurer les soins nécessaires. Certaines les abandonnaient auprès des œuvres tenues par des congrégations religieuses françaises. Des Français d’Indochine créaient aussi des sociétés laïques locales pour venir en aide aux enfants eurasiens et les autorités françaises en Indochine étaient conscientes du problème de prestige que la question des enfants métis posait à la métropole.

Un décret du 8 novembre 1928 règle la situation des enfants non reconnus par un père mort au combat, décédé ou ayant abandonné sa compagne et son ou ses enfants. Désormais tout individu, né sur le territoire de l’Indochine de parents dont l’un, demeuré légalement inconnu, est présumé de « race française », pourra obtenir la reconnaissance de la qualité́ de Français. Pour être considéré de « race française », l’enfant métis devait donc avoir du sang français dans les veines, mais aussi être socialisé dans un milieu de « culture française ». La mise en application de ces dispositions supposait de recenser ces enfants, de les placer et les éduquer dans les institutions religieuses avec l’accord de leur mère.

Le gouverneur général de l’Indochine Jules Brévié (1937-1939), portant attention aux métis, donna son nom à une fondation qui devint la principale source de financement de la prise en charge des enfants eurasiens par les œuvres.
Brévié créa aussi, à Dalat, l’école des enfants de troupe eurasiens, école préparatoire militaire qui permit de soulager la charge des autres institutions puisqu’elle était destinée à accueillir : « les enfants nés sur le territoire de l’Indochine de père demeuré légalement inconnu mais présumé de « race française ».

A la fin de la Seconde Guerre mondiale le général Leclerc imposa un changement de nom à la fondation. En effet Brévié avait été ministre dans le gouvernement de Pierre Laval et il fut déchu de son grade de gouverneur général honoraire des Colonies.
Ainsi naquit la Fondation eurasienne présidée par William Bazé, planteur d’hévéas, lui-même eurasien. La nouvelle organisation prit le nom de Fédération des Œuvres de l’Enfance Française d’Indochine (FOEFI) dont les statuts furent approuvés par décret le 25 Juin 1953 et qui fut reconnue d’utilité́ publique.

Á partir de 1947, la fédération commença à évacuer des enfants eurasiens vers la France où Marguerite Graffeuil, veuve du Résident supérieur en Annam de 1934 à 1940 (Maurice Graffeuil), organisa à son retour en métropole leur accueil avec l’aide du ministère de la France d’Outre-mer. Grâce à ses connaissances et à ses relations elle obtint des subventions qui permirent à la fédération d’acheter des propriétés où furent accueillis les enfants.

Après la chute de Dien Bien Phu, William Bazé et Marguerite Graffeuil continuèrent à s’occuper des enfants eurasiens rapatriés. Un accord entre les gouvernements français et vietnamien permit en effet aux métis eurasiens et africasiens recueillis par une œuvre française de s’établir en métropole « en raison de l’éducation qu’ils ont commencé à recevoir. » Le déplacement de ces enfants est de la responsabilité de la FOEFI.

Pour les responsables de la FOEFI il s’agit de sauver des milliers d’enfants pour leur donner en France un enseignement et une formation professionnelle. Le déchirement des mères qui confient ainsi leurs enfants est considéré comme un acte d’amour. Á partir de 1954, ces mères doivent signer un «certificat de décharge » à la FOEFI indiquant que l’organisation a le droit « sans accord ultérieur de ma part, d’envoyer mon enfant en France ou dans n’importe quel pays de l’Union Française, pour y poursuivre ses études ou acquérir une formation professionnelle ». L’accord de la mère ne concernant que l’éducation de son ou ses enfant(s), l’adoption de ces enfants eurasiens est interdite. Toutes les mères qui refusent de confier leurs enfants les gardent auprès d’elles.

D’après Yves Denéchère Professeur d’histoire contemporaine Université d’Angers dans HAL archives-ouvertes.fr

Des enfants de la FOEFI à Cholon © Fonds JP ALLARD AD47


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